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Architecture chromatique (I) (1950)

AB-PR2-1950-015 Architecture chromatique (I)

Fiche technique

Contexte biographique / historique

En 1950, Breuillaud fait basculer une part de ses paysages provençaux vers une construction de plus en plus « architecturée » : le motif (village, collines, arbres) devient une charpente de plans chromatiques, où la couleur organise l’espace autant qu’elle le décrit. « Architecture chromatique (I) » s’inscrit dans ce moment PR2 comme une étude resserrée sur support rigide, à entendre comme le pendant direct de « Architecture chromatique (II) » (AB-PR2-1950-016).

Description plastique / stylistique

La composition s’ouvre sur une pente claire au premier plan, traitée en beige et ocre rosé, qui forme un seuil et conduit le regard vers un entrelacs d’arbres et de jardins. Deux troncs d’oliviers, mauves et gris, se détachent à gauche ; leur graphisme nerveux, fait de lignes brisées, répond aux diagonales qui structurent le milieu du tableau.

Au centre, la végétation est construite en larges coups de brosse verts, turquoise et bleu-vert, superposés et entaillés par des passages plus sombres. Des maisons claires, simplifiées en blocs crème, ponctuent les hauteurs ; quelques toits orangés créent des accents chauds dans une dominante plutôt froide. Le haut du format se ferme par une bande profonde de bleus (ciel ou relief indistinct), qui densifie l’atmosphère et confère au paysage une gravité presque nocturne.

La touche demeure très apparente : aplats brossés, reprises, frottis, découpes rapides des plans. La construction ne passe pas par un dessin de contour systématique, mais par la confrontation des valeurs et des teintes : chaque zone fonctionne comme une pièce d’assemblage plus que comme un objet décrit. La signature « Breuillaud » est visible en bas à droite.

Analyse comparative / corpus voisin

Le dialogue avec « Architecture chromatique (II) » (AB-PR2-1950-016) éclaire la logique de série : mêmes motifs (village, oliviers, lointain bleuté), même volonté de faire du paysage une composition de masses. Par contraste, la présente version paraît plus libre et plus “picturale” : transitions davantage frottées, limites des plans moins stabilisées, végétation plus tumultueuse. L’ensemble suggère une variation visant l’intensité atmosphérique, là où le pendant (II) stabilise la lecture par des blocs plus nets et une hiérarchie plus “architectonique”.

Justification de datation et d'attribution

La datation en 1950 est cohérente avec l’équilibre PR2 entre une figuration encore lisible (maisons, oliviers, relief) et une segmentation déjà ambitieuse de l’espace en masses chromatiques. La palette — verts structurants, ocres et orangés ponctuels, lointain bleu profond — correspond à la phase où Breuillaud transforme le paysage en « architecture de couleur ». L’attribution est confortée par cette écriture caractéristique et par la signature visible au recto ; une photographie du revers et des détails de signature permettraient de préciser davantage.

© Bruno Restout - Catalogue raisonné André Breuillaud